1/08/2011 lettres aux membres

Chers amis, membres ou sympathisants du patrimoine pondichérien,
 
Fondée en 1995, l’association des Amis du Patrimoine Pondichérien travaille en ce moment à son plus grand projet : la restauration de l’église Notre-Dame-des-Anges.
Commencé en septembre 2009, ce chantier s’est déroulé sans difficultés majeures jusqu’en mars 2011. Rassembler les 78500 euros nécessaires et parvenir dans un quasi-consensus
à choisir les couleurs intérieures d’un bâtiment qui était resté blanc (grisé avec le temps) depuis sa construction en 1855… n’allait pas de soi. Mais maître d’ouvrage (le père Michael John),  maître d’œuvre (Patrick Lafourcade), conseil paroissial et APP… ont su s’écouter pour traverser les difficultés et faire avancer l’entreprise.
 
5 mars 2011 : le maître d’œuvre Patrick Lafourcade se tue à moto. Une semaine plus tard, le trésorier du conseil paroissial Charles de Candappa meurt d’une crise cardiaque.
L’émotion parmi les équipes fut immense. Mais un mois plus tard, le chantier retrouvait son rythme. Unanimement, il fut reconnu que les deux personnages nous avaient quittés en laissant des consignes de chantier et des documents comptables de qualité telle que les travaux ne souffrirent pas trop de leur disparition, leur esprit imprégnant encore tous ceux qui poursuivent aujourd’hui le projet. La gestion du chantier est dorénavant assurée par le bras droit de Patrick Lafourcade, Munusamy, et l’entreprise de menuiserie de P. Lafourcade a été reprise par M. Samuel Victor, qui s’intéresse aussi de très près à tous les travaux. La comptabilité du conseil paroissial a été reprise par M. Albert Desjardins.
 
La peinture de l’église devrait s’achever vers la fin du mois d’août 2011, et les finitions intérieures (mobilier, ventilation, son, etc.) devraient suivre en septembre.
Il restera pour l’année prochaine à restaurer le mur d’enceinte de l’église et à envisager le réaménagement du jardin de Jeanne d’Arc, situé entre l’église et la mer.
 
Un autre évènement important de ce printemps a été la fondation de « French Heritage in India – VMF », une nouvelle branche de VMF-monde (comme VMF-Sénégal, etc.).
VMF ou Vieilles Maisons Françaises. A travers VMF-monde, la Fondation VMF (créée en 2009, qui complète l’action de l’association VMF forte de près de 20000 membres) a choisi d’organiser la réalisation d’inventaires du patrimoine d’inspiration française à l’étranger. Il s’agit de quartiers ou de sites:
- construits ou réhabilités par un architecte ou  urbaniste français
- construits par un architecte local formé par une institution ou un architecte français
- dont une partie du décor (mobilier) a été réalisé par un artisan français.
Le patrimoine est pris dans sa définition large (demeures, parcs et jardins, lieux cultuels, cimetières…) et intègre le patrimoine du XXème siècle.
Tout naturellement, les APP sont représentés parmi les membres fondateurs de cette nouvelle association à vocation internationale :
Francis Wacziarg (chairman), Ashok Panda, Ajit Koujaldi, Aman Nath, Chiranjiv Singh, Sukhjit Singh, Raja Syed Muzzafar Ali, Nandita Pal Choudary, Rahul Mehrotra, Félicie Berry, Charles Hubert de Brantes, Philippe Toussaint.
Le premier projet de FHI-VMF sera l’inventaire de Chandernagore.
 
En vous remerciant pour votre attention et votre soutien,
Cordialement,
 
Charles Hubert de Brantes
Président des APP

Restauration de l’église Notre-Dame-des-Anges - Pondichèry

17/07/2010 news letter

Chers amis,

Nous sommes heureux de vous communiquer quelques nouvelles de notre association depuis son assemblée générale du 14 avril dernier.

L’actualisation de notre site www.lesamisdupatrimoinepondicherien.org (avec photos de nos chantiers) et le « face book » ouvert au nom de l’association ont permis d’élargir notre audience de manière significative.

Nous vous encourageons d’ailleurs à les consulter et à nous transmettre toute nouvelle pertinente que nous pourrions y faire paraître.

Mais notre première pensée va tout d’abord vers les 60 généreux donateurs qui ont permis à notre association de lancer le commencement de la restauration de l’église Notre-Dame-des-Anges en septembre dernier. Chacun d’entre eux est devenu partenaire de ce chantier piloté sur place par le père Michael John Antonysamy, curé de la paroisse et maître d’ouvrage, et Patrick Lafourcade, maître d’œuvre, qui vit et travaille à Pondichéry depuis près de vingt ans.

Le deuxième clocher est en passe d’être repeint dans ce même rose napolitain qui caractérise cette église. Un échange nourri d’avis autorisés (votre bureau, notre conseil en patrimoine Marc Pabois, le père Michael John et son conseil paroissial, Patrick Lafourcade lui-même, l’INTACH, le brodeur Jean-François Lesage, etc.) a permis d’aboutir à un consensus pour donner de la couleur, et donc de la présence, aux 12 apôtres (terre de sienne, bleu pâle et couleur chair) et aux vases (d’un rose plus foncé), situés à mi-hauteur des clochers et jusqu’alors noyés dans la même couleur extérieure du bâtiment.

Par ailleurs, la révision de toute la maçonnerie extérieure est en passe d’être achevée. Les bancs de l’église sont pratiquement tous restaurés (menuiserie et recannage). La révision des fenêtres est achevée (reste encore certains carreaux de couleurs à reprendre). Le père Michael John a demandé à une artisane indienne de restaurer les tableaux du chemin de croix.

Le travail se concentre actuellement sur la peinture intérieure du dôme, la révision générale de l’électricité, les travaux d’étanchéité de la toiture et la peinture intérieure de l’église.

Si la première campagne d’appels de fonds de juin-juillet 2009 a rapporté près de 30000 €, la seconde de janvier 2010 a rapporté près de 8000 €, dont une donation de 4000 € de la Fondation des Vieilles Maisons Françaises. Les donateurs pondichériens ont été également très généreux avec près de 10000 € rassemblés ces dernières semaines. Les travaux de restauration peuvent donc se poursuivre même s’il nous reste encore près de 30000 € à rassembler pour leur achèvement. Nous comptons là encore sur vos initiatives pour boucler le budget : dons, mécénat, dîners, concerts, etc.

Quant à nos autres projets, en voici les dernières nouvelles.

Le Foyer du soldat : Grâce au rôle pilote du comité de restauration et de son président M. Balaramin Bichat, membre par ailleurs des APP, de l’intervention active du Consul général de France à Pondichéry, M. Pierre Fournier, et de notre collaboration à certaines étapes (financement, conseil technique avec M. Philippe Toussaint, président des Vieilles Maisons Françaises), le Foyer du soldat, entièrement rénové, devrait rouvrir ses portes au printemps 2011.

Cimetière chrétien : le travail repris en collaboration par certains de nos membres avec le nouveau comptable du Consulat général de France à Pondichéry, M. Jehan de Lemos, devrait porter ses fruits dans les mois à venir.

VMF-Inde : Dans le cadre de l’extension mondiale des Vieilles Maisons Françaises (patrimoine français situé en dehors de l’Hexagone : Viet-Nam, Liban, Sénégal, Egypte, etc.), la commission VMF-monde s’est réunie le 22 juin au siège des VMF à Paris (93 rue de l’Université, Paris 7ème). Notre délégué en Inde Francis Wacziarg doit structurer davantage sa délégation et entamer ses premières missions : un pré-inventaire de Chandernagor, un jumelage entre les collèges de La Martinère-Lyon et La Martinière-Lucknow, et la remise de plaques « VMF-French Heritage » à des restaurations de qualité.

Jumelage La Rochelle – Pondichéry : une importante délégation de Pondichéry (son gouverneur, son maire, l’INTACH, etc.) a été récemment invitée à La Rochelle pour s’intéresser de près aux travaux de restauration du patrimoine ancien de cette belle ville portuaire. Les APP ont salué cette initiative auprès de la mairie de La Rochelle.

M. Joseph Moudiapanadin, votre secrétaire-général, Mlle Aygline de Clinchamps et M. Albert Desjardins, nouveaux membres des APP, seront à Pondichéry en juillet-août et pourront faire progresser nos chantiers utilement.

A tous, nous vous souhaitons un très bon été de repos et de vacances, ou pour certains… de travail, encore et toujours !


Cordialement,

Charles-Hubert de Brantes, Joseph Moudiappanadin, Anne-Marie Legay
Président, secrétaire-général, trésorière.

24/03/2010

Mémoire concernant l’état de l’Eglise Notre-Dame des Anges de Pondichery

Décrivant l’état du bâtiment avant le commencement des travaux d’entretien et de restauration.
Maître d’ouvrage: père Michael-John Antonysamy, avec le soutien de l’Association des «Amis Du Patrimoine Pondicherien »

Mémoire établi d’après les observations faites sur le terrain durant cinq mois de chantier par Patrick Lafourcade, maître-d’œuvre-conseil en charge de la réhabilitation


L’église « Notre-Dame des Anges » a été achevée en 1855 sous la direction de l’ingénieur Louis Guerre. Son emprise au sol est de 55 x 35 mètres, sur un axe Est-Ouest.
Elle est est bâtie en force - littéralement à chaux et à sable - dans le style roman, avec une ornementation extérieure plutôt sobre comprenant une corniche couronnant toutes les façades, une saillie moulurée surmontant chaque fenêtre (à carreaux de couleur) et une série de pilastres avec socles et chapiteaux de style ionique rythmant toutes les façades.
Elle comporte un dôme surplombant la croisée du transept et deux clochers carrés, symétriques, présentant 4 niveaux et flanquant l’extrêmité de la nef où se trouve la porte principale, face à la mer. A leur troisième niveau, ces clochers sont décorés de 24 niches au total (3 par façade) occupées par les statues des 12 apôtres et par 12 urnes en alternance. Ces deux clochers sont sains et ne présentent aucun dommage dans leur gros-œuvre.


Impression générale: l’église se présente à peu de chose près inchangée depuis la date de sa construction. Manque d’entretien de fond. Infiltrations ponctuelles d’eau de pluie.
On relève en tout et pour tout quelques réparations à l’intérieur (mur du bas-côté Nord), au mortier de ciment riche, qui ne remédient pas à l’imprégnation de la maçonnerie par l’eau de pluie ruisselant des fenêtres vers l’intérieur du bâtiment. Cette dernière malfaçon semble avoir le même âge que l’église elle-même : 155 ans. Elle n’a cependant pas compromis sérieusement la solidité de la muraille.
Par ailleurs, on ne relève, sur l’ensemble du bâtiment, aucune fente, faille ou faiblesse significative, si ce n’est un léger travail - imputable à la mécanique des matériaux - à la jonction du dôme et de la croisée du transept, ainsi que plusieurs infiltrations encore bénignes en plusieurs points des voûtes de la nef et du transept.

Voici la liste des points faibles pris en charge depuis le 15.09.09 par l’équipe de maçons que je pilote:

- le revêtement de chaux des toitures (à 2 pentes) de la nef, du transept et du choeur, suite à de nombreux sondages, s’avère poreux, finement fendillé, et souvent décollé de son support (voûte de tuileaux et mortier de chaux). Remède : chape mince (ép. 6 cm) en béton fin, étanche, armée d’un treillis en fil acier de 3 mm et coulée en éléments parallèles de 5 x 2.50 m solidarisés par un joint au bitume (ép. 5 mm) ;
- Les descentes d’eaux pluviales présentent plusieurs fuites à des hauteurs variables dans l’épaisseur de la muraille (où elles sont encastrées). Les sorties, ou « dauphins », trop hautes (environ 1.50m) doivent être ramenées au niveau du sol pour éviter l’arrosage du pied du mur par projections ;
- faîtage du mur périmétrique (largeur 1.25 m) poreux. Remède : pose d’une chape armée étanche, convexe, avec débord latéral sur l’arête intérieure ;
- toits-terrasses des deux sacristies perméables. Fuites importantes. Remède : une chape armée avec relevé d’étanchéité (hauteur environ 1 m) sur les 4 murs qui les entourent ;
- parement intérieur du mur périmétrique (au-dessus des bas-côtés) poreux. Construit en talus par retraits successifs des rangs de brique (en « escalier »), ce parement doit être aplani et enduit de mortier étanche de manière à présenter une pente continue propre à écouler l’eau de pluie sur la terrasse sans imprégner la maçonnerie ;
- 3 fenêtres de toiture vermoulues (sur la tribune, à cheval sur le faîtage) à remplacer ;
- 16 battants des 8 fenêtres du dôme à remplacer. Les dormants sont en bon état et seront conservés ;
- l’eau de pluie collectée par les fenêtres des bas-côtés tend à imprégner l’épaisseur du mur qu’elles surmontent. Cause : malfaçon (remontant à l’époque de construction) dans la maçonnerie des appuis de fenêtre et la pose des battants. Remède : inverser les battants de manière ce que les carreaux rejettent l’eau à l’extérieur (et non à l’intérieur) ; surbaissement des appuis en maçonnerie avec pente vers l’extérieur ; rainurage et perçage de la pièce basse (en bois) du dormant (ou cadre) de la menuiserie pour renvoyer l’eau résiduelle à l’extérieur ; réfection générale du vitrage des fenêtres ;
- une partie des enduits extérieurs et intérieurs (surtout côté nord), désagrégée par l’humidité, doit être refaite, de même que les réparations ponctuelles au mortier de ciment qui ne font que diffuser l’humidité plus haut dans la muraille ; tous les travaux de maçonnerie sont éxécutés au mortier de chaux aérienne renforcé de ciment (1 part de ciment pour 4 de chaux) de manière à ce que les murs « respirent ». Un échantillon de cet enduit se trouve au départ de l’escalier du clocher sud ;
- réfection des corniches, moulures, cannelages, chapiteaux et autres ornements érodés, rongés par l’humidité ;
- réfection du plafond (intrados) des voûtes, en stuc. Les dommages sont peu étendus, sous réserve toutefois d’un examen approfondi après mise en place d’un échafaudage ;
- remise en peinture de l’ensemble du bâtiment, en respectant l’actuel « rose napolitain » (et l’ocre jaune) appliqués à l’extérieur ;
- le circuit électrique, très vétuste, doit être entièrement refait, avec un éclairage sobre et bien orienté ainsi qu’une sonorisation discrète : l’acoustique du bâtiment étant très bonne (du fait des reliefs du plafond), elle devrait rester dans les limites du budget « électricité » chiffré ci-dessous ;
- réfection de tous les accès aux 2 clochers, y compris les capots débouchant sur les 2 terrasses ;
- réfection de l’autel : entre autres, nombreux éclatements dûs au gonflement (par la rouille) des pièces de fer scellées dans les éléments de marbre ;
- pose d’un paratonnerre, avec mise à la terre par forage jusqu’à la couche humide du sous-sol ;
- mise en place d’un 2ème forage fournissant l’eau douce nécessaire au chantier ;
- pose d’un circuit électrique temporaire pour les besoins du chantier ;
- échafaudages fixes et volants, plate-forme avec dispositif de levage des matériaux ;
- réfection générale du mobilier ancien (en teck). Ce mobilier est suffisant en quantité et qualité (celle-ci, exceptionnelle), mais sérieusement mis à mal par l’usure du temps et le manque d’entretien.

Puducherry, le 24 mars 2010

Les Amis du Patrimoine Pondichérien communiquent

LETTRE AUX MEMBRES

21/03/ 2012


Chers amis,

Après avoir remis huit Prix du Patrimoine à des restaurations de qualité à Pondichéry depuis notre fondation en 1995, puis avoir initié et participé à la restauration de l’Alliance Française sur le Golfe du Bengale en 2004, appelée aussi la Maison Colombani, les Amis du Patrimoine Pondichérien ont choisi en 2009 de restaurer l’église Notre-Dame des Anges.

Trois motivations principales ont inspiré ce choix.
La première est d’ordre spatial. Chaque matin, l’église Notre-Dame des Anges est le témoin d’un phénomène remarquable. Depuis l’horizon marin, courant droit de Birmanie, le premier rayon du soleil vient toucher la statue de Jeanne d’Arc plantée dans le jardin devant l’église, avant d’entrer par la grande porte et filer jusqu’à l’autel où est célébrée la première messe du jour. Une correspondance qui nous a interpelés.

La seconde est historique. La présence de l’église Notre-Dame des Anges remonte à l’arrivée des Français à Pondichéry, même si l’église actuelle, construite entre 1851 et 1855 par l’ingénieur Louis Guerre, un aïeul de la trésorière de notre association, est la quatrième du nom. En effet, deux moines capucins accompagnaient François Martin en 1674 lors de son installation comme premier Gouverneur de Pondichéry. Or les capucins font partie de l’ordre des franciscains ; d’où le choix du vocable «Notre-Dame des Anges», en écho à l’église Sainte-Marie des Anges d’Assise, où saint François restaura sa première chapelle et fonda sa première communauté.

La troisième motivation est plus humaine et spirituelle. Si la plupart des Français de l’Inde, au cours des trois siècles de leur présence dans le sous-continent, ont débarqué à Pondichéry et sont donc passés devant ou sont entrés dans cette église, sa restauration est aussi l’occasion de commémorer trois grands témoins du dialogue entre l’hindouisme et le christianisme : Jules Monchanin, Henri Le Saux et Bede Griffiths… passés également par cette église.

En plein accord avec le nouveau curé de la paroisse, arrivé en 2008, le père Michael John Antonysamy, les travaux commencèrent donc en septembre 2009. Nous avions alors rassemblé les premiers donateurs et choisi un maître d’œuvre en la personne de Patrick Lafourcade. L’église n’avait connu jusqu’à cette date que des entretiens mineurs, mais jamais la restauration complète qui s’imposait.

Le gros œuvre porta d’abord sur l’étanchéité de la toiture et des murs. Ensuite, les 22 fenêtres de la nef et les 8 fenêtres du dôme furent restaurées ou changées. Puis l’électricité, les haut-parleurs, l’éclairage, la ventilation furent remis à neuf. Enfin, le mobilier en bois, unique à Pondichéry, fut entièrement restauré, ainsi que les vitraux et une partie du dallage. Et vint la peinture…

Laissée toute en blanc après sa construction, l’église n’avait été revêtue qu’à l’extérieur d’un rose napolitain et d’un jaune crème au début du XXème siècle. Quant au blanc intérieur, il s’était grisé avec le temps. Encouragés par le goût de l’Inde pour les couleurs et par notre maître d’œuvre, nous osâmes donc la mise en couleurs ! Les décisions se prirent par concertations progressives entre les uns et les autres, après des consultations auprès de nos experts, sans jamais être imposées d’en haut. Pour l’extérieur, le rose napolitain et le jaune furent maintenus, mais deux couleurs furent choisies pour les douze apôtres : le brun pour les capes et le bleu ciel pour les chemises. Pour l’intérieur, les trois couleurs existantes des vitraux guidèrent les choix : le bleu, céleste et marial, décliné en trois tons différents ; le jaune, solaire et lumineux ; le rouge, traité en un rose beige serein, clin d’œil vers l’Inde. Quant au Chemin de croix, tout en papier mâché, la mise en couleurs qui lui insuffla de la vie fut l’œuvre et l’audace d’une artiste peintre de Pondichéry. Et les trois grandes portes d’entrées elles-mêmes passèrent du rouge brun au bleu marin.

Les travaux de restauration furent achevés pour le jour de sa bénédiction par l’archevêque de Pondichéry le 4 mars dernier. Ce chantier de 2 ans et demi aura connu deux épreuves majeures. D’abord, le décès brutal de Patrick Lafourcade le 4 mars 2011, suivi par celui de Charles de Candappa, trésorier de la paroisse, déposant une gerbe sur le cercueil du premier. Ensuite, le cyclone Thane qui dévasta la région de Pondichéry le 30 décembre 2011, arrachant les arbres et enfonçant les portes de l’église. Mais le bon esprit du chantier veillait et toutes les équipes d’ouvriers s’engagèrent à mener à bien leur travail sous la tutelle du nouveau maître d’œuvre : Samuel Victor, un ami de Patrick Lafourcade.

Aujourd’hui, le travail a repris pour restaurer le mur d’enceinte et préparer le réaménagement du Jardin de Jeanne d’Arc.

L’église Notre-Dame des Anges est redevenue un lieu de silence, de liturgies mais aussi d’ouverture au monde, par l’utilisation des trois langues tamoule, française et anglaise, et par la présence d’une reproduction de la Vierge de Vailankanni, vénérée tant par les chrétiens que par les hindous et les musulmans.

Notre reconnaissance se tourne enfin vers tous les donateurs connus et anonymes, de France comme de Pondichéry, qui ont permis de financer cette restauration, ainsi que vers la Fondation des Vieilles Maisons Françaises et le Gouvernement français qui nous ont accordé leurs subventions.

Cordialement,
Charles H. de Brantes, président des APP.


Peinture du chemin de croix à Notre Dame des Anges
Peinture du chemin de croix à Notre Dame des Anges